Iron

A propos de... Alain Badiou "Le Siècle" 1

Philosophie — Par iron @ 20:52

 J'ai récemment lu le livre d'Alain Badiou, Le siècle, et j'aimerais vous faire part ici de quelques réflexions suite à cette lecture. Ceci en est la première partie.

 Il fallait d'abord définir ce qu'était le XXe siècle, savoir quand il commençait ré. Badiou en conclut qu'il commence en 1917 et se finit dans les années 1980. Le "petit" siècle, comme il dit. Il va contre l'idée que le XXe était le siècle des idéologies. Pour lui, c'est avant le siècle de l'antagonisme. Fascisme et communisme, Etats-Unis et URSS, très riches et très pauvres, ainsi de suite. Arretons nous ici quelques instants. Est-il bien raisonnable de définir un siécle ? Badiou le disait lui même, le réel est insaisissable, il ne se représente pas, il se présente. Dès lors, comment résumer septante ans d'histoire par un seul mot ? Ensuite, pourquoi vouloir le définir ?  Est-il vraiment nécessaire de tenter de saisir le siècle dans son entièreté, alors qu'à chaque décennie, qu'à chaque année, il présente un visage différent ? Il parle d'antagonisme, mais ce n'est pas le seul siècle a avoir connu un puissant antagonisme. Le XIXe siècle n'est-il pas celui de la bourgeoisie nationale et du prolétariat international ? Le XVIIIe n'est-il pas celui de la bourgeoisie naissante et de la noblesse en France et dans bien d'autres pays ? Car nous n'avons pas encore parlé du siècle de chaque pays. Le XXe a cela d'avantageux pour le philosophe qu'on peut unilatéraliser la ligne du temps grâce à la mondialisation, et de faire d'un réalité la réalité de tous, car on ne peut plus voir un pays independament des autres - et encore, si on s'en tient à la macroéconomie. C'est ce qui m'a toujours déçu chez tous les philosophes qui se muaient en historien.

 Un autre point qui me dérange chez lui, c'est qu'il utilise des poètes ou des dramaturges pour dévelloper une question qui dépasse totalement l'oeuvre d'un artiste précis. Non pas que je crache sur Breton ou Mandelstam, mais que leur art ne représente que leur réalité, qu'il est compliqué de mettre sur un pied d'égalité un poète russe et un écrivain français.

 Par contre, là où il est intéressant, c'est quand il parle d'un débat qui a animé la société chinoise. Si on défend que le Deux fusionne en Un, cela veut-il dire que l'on est révolutionnaire ? Si on défend que le Un se divise en Deux, est-on réactionnaire ? On parlait ici des classes sociales. Si on admet après la révolution que le Deux a fusionné, alors que les classes sociales sont encores effectives, c'est ne pas reconnaître le réel, et donc voir la vieille société comme la société sans classe.

 Un se divise en Deux, Deux fusionne en Un... Cette notion n'est plus valable aujourd'hui, et cela Badiou l'admet lui-même. Depuis la chute du mur de Berlin, l'antagonisme s'est dissipé, la société s'est fragmentée, le réel n'est plus le même. C'est le XXIe siècle. En outre, il utilise un terme qui me trouble. Passion du réel. J'ai du mal à le comprendre. Subjectivation du réel ? Je ne le sais.


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