La convergence s'impose
Il y a trois façons de vivre son époque. La première étant d'aller en son sens et de l'entretenir, la seconde, de ne rien en faire et de se laisser porter par le courant sans se soucier de son sens, et la troisième, s'y opposer. De toute évidence, les deux premières se rejoignent, comme le vote blanc ne fait que confirmer la victoire de la majorité. Pour un philosophe, un intellectuel au sens large, un artiste, et simplement un citoyen, la question de l'action ne devrait donc même pas se poser. Ceci conclut à un problème que j'avais rencontré récemment : un philosophe doit-il être réactif à son époque, ou l'étudier comme un phénomène séparé ? Et, finalement, jouer le rôle d'historien du présent. Cela sert, au mieux, à remuer de la poussière et des pages jaunies. Mais, en instrumentalisant ses recherches, en les mettant en situation, elles deviennent utiles et intéressantes. J'ai donc « décidé » de me remettre en guerre.
Encore faut-il s'y remettre intelligemment. Comment puis-je, avec les outils dont je dispose (un parti politique, internet,...) construire un argumentaire efficace qui ait une portée suffisante pour qu'il serve à quelque chose ? Le plus intéressant serait évidemment de s'attaquer à des points précis de l'expression de ce que je nommerai le « neocapitalisme », mais ceci est limité. Cela soulèvera un temps l'indignation de personnes qui sont particulièrement sensibles à tel ou tel sujet, et puis la pâte retombera. En revanche, si je construit un système d'analyse plus large, il aura davantage d'intérêt, mais sera plus ardu et plus obscur, et donc aura moins de portée. De toute évidence, il faut faire les deux. Une troisième tâche est importante : avoir l'infrastructure nécessaire pour que ma voix ait un écho et celles des autres bien entendu. Il faut donc réfléchir à la manière dont on pourrait unir les choses que l'on possède déjà afin d'en créer une nouvelle, plus efficace et plus forte.
Dans un premier lieu, il serait bon de créer une sorte de syndication. Par exemple, créer un « label » que pourraient porter toute organisation qui accepterait telle ou telle valeur. Ainsi, il serait possible de créer une « communauté » autour d'une seule et même chose et de lentement, mais sûrement, rapprocher les différentes organisations les unes des autres.
On pourrait, par exemple, y placer l'anticapitalisme, les droits de l 'Homme, etc... avec des organisations fondatrices. Et ici, il faut s'y prendre avec des pincettes. On pourrait y voir le PTB, la LCR, ATTAC, Indymedia, European Left ou que sais-je encore, mais une chose : ne pas mettre d'autres frontières que les idées communes. Ainsi, progressivement créer un projet commun qui parte d'une situation de dissociation totale basée sur des différences obsolètes, à une situation de mise en commun basé sur des similitudes fondamentales.
Soyons pragmatiques et jetons-en les bases avec les principaux intéressés. Cette première étape ne doit pas durer plus de deux semaines.