A propos de... Alain Badiou "Le Siècle" 2
Cette passion du réel dont parle Badiou est selon lui au dessus du Bien et du Mal, est au dessus de toute morale. Elle l'est car la morale n'est que la trace d'un monde révolu. Je suis d'accord avec cette affirmation, qui me rappelle Hegel. En efet, la morale évolue lentement, elle est modifiée par l'évolution du réel, mais n'est pas directement effective. Combien de temps a-t-il fallu pour que le droit de vote des femmes soit respecté par les hommes après la légifération ? La morale est profondement conservatrice, et on peut se demander à quoi elle sert, quel est son rôle et son origine. Cette question sera posée plus tard.
Vient alors une idée intéressante. Depuis la fin du petit XXe siècle, qui s'est terminé avec la fin de l'URSS, nous sommes passés de la subjectivation du réel, de la certitude de devoir agir sur le réel, à l'acceptation de la réalité. Badiou souligne que réel est réalité ne sont pas synonymes. La réalité, c'est un semblant de réel. Il nomme ce comportement le nihilisme passif. La réalité serait une représentation du réel. On peut voir, il est vrai, que si on accepte le réel, on accepte en fait l'image que l'on s'en fait, l'image qu'on veut bien lui donner. Selon Badiou, le réel est insaisissable. Vient alors le concept de nature humaine. Il faut accepter un certain comportement humain, ou l'idée que l'on se fait de l'Homme. Violent, cupide, egoïste, etc. Une sorte de cynisme s'installe, qui paralyse l'ensemble de la société. Il dira aussi plus loin, et ici on ne peut lui faire que des éloges, qu'à l'époque où on dit que le monde avance a une vitesse incroyable, on ne voit rien avancé. Car si nous acceptons la réalité, si nous ne tentons plus d'agir sur le réel, et si nous gardons pour vrai la réalité d'après la guerre froide comme modèle absolu de toute société humaine, alors nous stagnons. Et c'est ce que nous faisons. L'humanité est déprimée. Elle ne progresse plus. Bien entendu, il y a le progrès scientifique, qui est l'alibi de tous ceux qui veulent croire à un progrès humain à travers la science uniquement, mais il ne suffit pas à faire évoluer l'humain, et il le fait probablement regresser.
Selon Badiou, le XXe, c'est le siècle de la recherche de l'homme nouveau. L'antagonisme s'opère ici, avec, d'un coté, le fascisme qui prône la restauration d'un modèle ancien, et de l'autre, le communisme, qui prône une création nouvelle issue de la fusion du Deux en Un. Cet homme nouveau doit se libérer de plusieurs choses. Premièrement la famille. La famille représentait le droit du sang, le despotisme, et l'autorité des parents, représentants l'homme ancien. On peut voir qu'aujourd'hui, l'échec est complet. La famille redevient un élement décisif dans la vie des gens, les jeunes s'y attachent de plus en plus. Il y avait ensuite l'argent, la propriété. Il n'y a qu'à voir le discours du candidat Sarko "travailler plus pour gagner plus" pour voir où on en est. Et enfin, le despotisme étatique, le refus de la démocratie bourgeoise. Aujourd'hui, le devoir de citoyen au regard de l'Etat est primordial. L'échec est total.
Bonjour
Il est possible que depuis..... nous nous soyons trompé.... Trompé sur le:
Comportement théorique...
comportement visuel...
comportement physique...
comportement du comportement...
comportement moral...
Par univers — 19 avr 2008, 19:05